Concevoir l'EHPAD du futur

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Le rapport de Pierre Laroque de 1962 a défini le maintien à domicile comme pilier de la politique du vieillissement. Ce choix politique a influencé le rôle que devait jouer les maisons de retraites devenues EHPAD

Depuis 1962, il n'est pas audacieux de dire que la société a profondément changé, que le profil démographique, sociologique, technologique... a été profondément bouleversé. Ce qui présidait hier au choix du maintien à domicile n'a cependant pas été remis en question.

Le travail des femmes, l'espérance de vie, la perte d'autonomie, l'évolution de l'habitat, les conditions climatiques et tant d'autres paramètres qui décrivent un horizon différent de la vieillesse. A cela s'ajoute le regard sur le vieillissement qui a profondément changé... la responsabilisation du citoyen vis à vis de santé, le refus de voir le vieillesse comme une fatalité. Toutes ces considérations conduisent à reconsidérer la vision que notre société porte sur le lieu de vie de la personne âgée.

Plus de 700 000 français vivent aujourd'hui en EHPAD,  ce chiffre passerait à 1 millions à l'horizon 2050... mais est-ce dans l'EHPAD tel que nous le connaissons aujourd'hui que nous aimerions finir nos jours?  Effectivement les enquêtes menées auprès des français, mais aussi des européens, confirment ce désir de vieillir à domicile plutôt qu'en institution, qui est perçue comme le recours ultime, lorsqu'aucune autre solution n'est possible.

Les EHPAD d'aujourd'hui ont été conçus avec cette vision d'y offrir un lieu médicalisé où l'on accueillerait les personnes en perte d'autonomie, qui n'auraient d'autres alternatives au domicile. 

Pourtant de nombreuses voix s'élèvent pour revendiquer à l'EHPAD d'être un lieu de vie où l'on soigne et non le contraire, que la liberté du résident doit être privilégiée à sa sécurité, des groupes de travail sont mis en place pour définir à l'EHPAD une nouvelle place dans la société. Eliminer les marqueurs hospitaliers, faire émerger l'EHPAD sur la place du village au coeur de l'espace urbain...

Un arrêté des ministres chargés des personnes âgés a définit le 24 juin 2019, le cahier des charges du projet de vie sociale et partagée, faisant suite  à la loi ELAN du 23 novembre 2018, inscrivant l'habitat inclusif dans l'article L281-1 du code d'action sociale et des familles. 

L'ensemble de ces initiatives devront trouver des prolongements concrets autant au niveau des travaux des architectes spécialisés, de la législation, des professionnels de santé. 

O Ubi Campi qui a travers sa fenêtre ouverte sur le paysage qui enveloppe les EHPAD participe activement à travaux et réflexions et communiquera plus régulièrement sur cette préoccupation majeure.